MEDIAS ET COMMUNICATION  29.05.2020

Valentin Carron est le lauréat du Prix culturel 2020 du Canton du Valais

Prix culturel 2020 du Canton du Valais

L’artiste visuel Valentin Carron reçoit le Prix culturel 2020 de l’Etat du Valais. Les Prix d’encouragement vont à la musicienne Tanya Barany, à la comédienne Pauline Epiney et au bureau d’architectes GayMenzel. Le Prix spécial est décerné au galeriste Christian Bidaud. La cérémonie de remise des prix se tiendra en novembre 2020 dans le Bas-Valais.

Le lauréat 2020 du Prix culturel de l’Etat du Valais est né en 1977 à Fully. Valentin Carron est l’un des artistes emblématiques de l’art contemporain suisse. Il s’est formé à l’Ecole cantonale des Beaux-Arts à Sion (1992-1999) et à l’ECAL/Ecole cantonale d’art de Lausanne (1997-2000). En 1999, il a reçu un Prix d’encouragement de l’Etat du Valais. Depuis 2006, il enseigne à l’ECAL. L’artiste vit et travaille en Valais, source principale de son inspiration. Dans ses sculptures, Valentin Carron puise dans l’artisanat vernaculaire et dans certaines formes stéréotypées de l’art moderne ou du quotidien. En s’appropriant des objets puisés dans l’imagerie traditionnelle du Valais et en les reformulant, il questionne les notions d’originalité, d’authenticité et d’identité. L’ambiguïté de son propos est renforcée par l’utilisation de matériaux modernes figurant du faux bois, du faux béton ou du faux bronze. Dans ses œuvres récentes, il aborde l’environnement contemporain de la technologie et de l’Internet avec le même sens de l’ironie. Valentin Carron a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles dans le monde entier: (Swiss Institute (New York, 2006), La Conservera Centro de Arte Contemporáneo (Ceuti/Murcia, 2009), Palais de Tokyo (Paris, 2010), Kunsthalle (Bern, 2014), Centre d’édition contemporaine (Genève, 2016), Musée des Beaux-Arts de Rennes (Rennes, 2018). En 2013, il a représenté la Suisse à la 55e Biennale d’art de Venise (Pavillon suisse/Giardini). Il a également participé à de nombreuses expositions collectives dans des musées (Musée d’art du Valais à Sion (2017), Swiss Institute à New York (2018) et Haus Konstruktiv à Zurich (2019)). Le Musée d’art du Valais a acquis plusieurs de ses œuvres. Dès le 20 juin, il devrait investir le barrage de Mauvoisin à l’invitation du directeur de l’édhéa Jean-Paul Felley et du Musée de Bagnes.

Prix d’encouragement

La jeune chanteuse Tanya Barany (*1994), de son vrai nom Tanja Zimmermann, a grandi à Visperterminen. Elle a complété sa formation à la Haute école spécialisée de Lucerne par des pré-études en jazz (2013-14) et à la Haute école des arts de Zurich (diplôme de bachelor en chant jazz, 2015, et en chant pop, 2017) ainsi que par un master en enseignement de la musique vocale/instrumentale (2019). Tanja Zimmermann travaille principalement comme musicienne, coach vocal et comme compositrice, parolière, productrice et autrice de chansons. Elle vit depuis six ans en Suisse alémanique, où elle a également lancé son projet «Dark Pop» appelé «Tanya Barany» en 2016. Elle s’est ainsi fait un nom non seulement en Valais, mais aussi au niveau national et international. Elle a joué, entre autres, à l’Openair Gampel, au Blue Balls Festival de Lucerne, au Swiss Live Talents et aussi à l’étranger. Son premier album «Lights Disappear» a reçu un accueil positif au Zermatt Unplugged Festival 2019.

Diplômée de l’école du Théâtre des Teintureries de Lausanne en 2011, Pauline Epiney (*1985, Sierre) est comédienne, metteuse en scène et auteure. Elle a créé la Cie Push-Up avec laquelle elle élabore des projets de mise en scène, de comédies et d’écriture, par exemple «Agamemnon; à mon retour du supermarché j’ai flanqué une raclée à mon fils» de Rodrigo Garcia, une coproduction Petithéâtre de Sion/Théâtre 2.21 à Lausanne en 2014; «Iris et moi» écriture, mise en scène et jeu en 2018 ou «Elle pas princesse, lui pas héros» de Magali Mougel, à la Bavette en 2019. Elle intervient aussi comme performer avec la chorégraphe Christine D’Andrès dans les différentes versions de M(rV). En 2016, elle a interprété l’un des premiers rôles dans le long-métrage «Explosion of memories». Elle participe aussi à des courts-métrages ou des publicités et a obtenu un CAS en dramaturgie et performance du texte en 2017.

Catherine Gay Menzel (*1974, Zurich) et Götz Menzel (*1973, Hambourg) ont étudié l’architecture à l’Université de Stuttgart, à l’ETH (Zurich) et l’EPFL (Lausanne). Avant de s’installer à Saint-Maurice et de fonder leur propre cabinet d’architecture GayMenzel à Monthey en 2013, chacun a d’abord travaillé dans différents bureaux d’architectes à Berlin ou à New York. De retour en Suisse, ils ont collaboré, au sein du prestigieux bureau bâlois Herzog et de Meuron, au projet de construction de l’Elbe Philarmonic à Hambourg. Depuis sept ans, le bureau GayMenzel conçoit des bâtiments d’usine, des ponts routiers, des maisons familiales et des espaces publics. A Saint-Maurice, par exemple, dans la rue principale, les Maisons Duc, un ensemble de trois bâtiments historiques qui abritent une galerie d’art, des studios et des appartements, ou à Saint-Maurice également, le Hasler Hall, un marché de bricolage moderne dans un espace de 2000 m 2 . Si le parcours international du duo influence toujours leurs créations, l’exécution des projets est toujours adaptée au contexte donné: une approche «douce», gage de cohérence.

Le Prix spécial 2020 à Christian Bidaud, responsable de la Galerie Oblique

D’abord éducateur social et artistique auprès de la Fondation valaisanne pour les personnes handicapées mentales (FOVAHM), Christian Bidaud (*1957) a œuvré au Centre de la Meunière à Collombey où il a accueilli 54 expositions d’artistes professionnels entre 1994 et 2012, faisant d’un lieu habituellement clos un lieu culturel. En 2007, il a créé un atelier artistique destiné aux personnes accueillies par la FOVAHM, avec pour ambition d’en faire non pas un atelier d’activités créatrices, mais un atelier d’artistes. En 2012, l’exposition «Duos d’artistes» a présenté «une synthèse de deux réalités, comme un lien entre deux mondes l’un plus fortement stigmatisé que l’autre, l’autre plus fortement adulé que l’un.» Depuis septembre 2018, Christian Bidaud gère la Galerie Oblique à Saint-Maurice, un espace d’art contemporain de plus de 200 m 2 où sont exposées les œuvres d’artistes romands à raison de cinq expositions par année. La particularité de la galerie est de proposer aux artistes exposants de s’engager dans des interactions (workshops, œuvres communes, échanges) avec les artistes de l’atelier œuvrant au premier étage.

Remise des Prix culturels depuis 1980

La création des Prix culturels de l’Etat du Valais remonte à 1980. Ce prix d’un montant de Fr. 20 000.- couronne l’ensemble d’une carrière confirmée et reconnue. Attribués depuis 1982, trois Prix d’encouragement récompensent le travail de jeunes artistes de talent qui se trouvent à un tournant important de leur carrière. Dotés de Fr. 10 000.- chacun, ces prix s’entendent comme un signe de reconnaissance fort, une incitation à poursuivre leur cheminement. Depuis 2011, un Prix spécial doté de Fr. 10 000.- est décerné à des personnes ou à des groupes innovants en matière de médiation ou de réalisation culturelle et qui contribuent par leur travail «en coulisse» au développement culturel du canton. Ces Prix sont alloués par le Conseil d’Etat, sur proposition du Conseil de la culture.