MEDIAS ET COMMUNICATION  05.10.2018

Résultat des auditions complémentaires

Fondation Addiction Valais

L’expert indépendant Bernhard Eichenberger a rendu son rapport sur les auditions de collaborateurs anciens ou actifs de la Fondation Addiction Valais. Etabli à la demande de la Commission de la santé, des affaires sociales et de l’intégration du Grand Conseil sur la base d’entretiens individuels réalisés avec une quarantaine de collaboratrices et collaborateurs, il complète les résultats de l’audit précédemment réalisé par l’expert. Si les collaborateurs actifs sont largement satisfaits de leur environnement professionnel, les critiques de la part des anciens collaborateurs sont nombreuses. Même si la situation s’améliore, la crise d’Addiction Valais n’est pas encore surmontée. Des progrès sont par conséquent encore attendus par le Département de la santé, des affaires sociales et de la culture.

 

En septembre 2017, Bernhard Eichenberger, expert indépendant, a été mandaté par le Département de la santé, des affaires sociales et de la culture (DSSC) pour vérifier si les centres de traitement résidentiel de la Fondation Addiction Valais remplissaient les exigences de qualité en matière de prise en charge stationnaire des personnes souffrant d’addiction. Il devait également examiner si la stratégie et les principes directeurs régissant l’activité de ces centres étaient mis en œuvre de manière adéquate. Le rapport a été présenté en janvier 2018 à la Commission de la santé, des affaires sociales et de l’intégration du Grand Conseil. Si la stratégie du Conseil de fondation a été jugée judicieuse par l’expert, celui-ci a cependant critiqué la manière dont elle a été mise en œuvre par le Conseil de fondation. Des lacunes importantes concernant notamment la gestion des ressources humaines ont également été relevées. Les membres de la commission ont alors demandé que Bernhard Eichenberger puisse entendre un nombre représentatif de collaboratrices et collaborateurs ayant quitté la Fondation Addiction Valais ou y travaillant encore.

Sur mandat du DSSC, Bernhard Eichenberger a conduit des entretiens individuels en avril, avec 42 personnes: 21 ayant quitté la fondation et 21 autres y travaillant encore. Si les collaborateurs actifs sont largement satisfaits de leur environnement professionnel, les critiques de la part des anciens collaborateurs sont nombreuses. Au centre de celles-ci, le Conseil de fondation qui n’a pas été capable d’instaurer une culture du dialogue en menant une discussion de fond. Il n’a par exemple pas soutenu la direction de la Villa Flora. Pour résoudre le conflit avec les Foyers Rives du Rhône, des collaborateurs auraient été poussés hors de la fondation. Selon l’expert, même si son président peut être à l’origine de nombreux conflits, c’est au Conseil de fondation qu’il incombe d’assumer la responsabilité de la crise d’Addiction Valais qui fait face depuis 2012 au départ volontaire ou forcé de plus de 70 collaborateurs.

Pour sortir de la crise qui n’est pas terminée, Bernhard Eichenberger estime urgent et nécessaire de renouveler fortement le Conseil de fondation afin d’instaurer une culture saine du dialogue où la participation des employés est un élément important de la culture d’entreprise. Le renouvellement de celui-ci est prévu pour cet automne. De plus, le 1er novembre prochain, un nouveau directeur général prendra également ses fonctions à la tête de l’institution.

En janvier dernier, suite à la publication du premier rapport de Bernhard Eichenberger, le DSSC avait formulé un certain nombre d’exigences. Il s’agissait de la mise en place d’un concept de gestion des ressources humaines, de la poursuite de l’élaboration d’un système de gestion de la qualité pour l’ensemble de la Fondation Addiction Valais ou encore de l’actualisation du concept de prise en charge des foyers de Salvan et de Sion. Ce dernier rouvrira ses portes le 1er novembre après plusieurs mois de travaux de rénovation. Même si les exigences formulées par le DSSC sont en passe d’être réalisées par la fondation, des résultats sont encore attendus d’ici la fin octobre, notamment de recertification QuaTheDa.

Par ailleurs, dans le cadre du nouveau mandat donné par le DSSC en mai 2018, Bernhard Eichenberger fera des propositions pour pouvoir développer un concept cohérent des prestations ambulatoires et stationnaires en lien avec la psychiatrie et la médecine des addictions. Son rapport est attendu pour la fin 2018.