MEDIAS ET COMMUNICATION  02.08.2019

Découverte d’un alignement de stèles à l’avenue du Petit-Chasseur

Archéologie – Sion, capitale des mégalithes

Dans le cadre de la construction d’un immeuble locatif à l’avenue du Petit-Chasseur à Sion, les archéologues ont mis au jour un alignement de six stèles implantées dans un fossé. Cette découverte est de première importance pour la compréhension des rituels sociétaux du Néolithique final (vers 2500 av. J.-C.) en Europe centrale. Elle permettra, une fois l’étude achevée, de revoir ou de compléter le puzzle débuté en 1961, lors de la fouille du dolmen MI également situé au Petit-Chasseur, à environ 400 mètres des découvertes actuelles.

 

Quelques mois après la fermeture du chantier de Don Bosco qui avait révélé un dolmen et plusieurs stèles gravées, datés vers 2500 avant notre ère, le hasard des constructions a conduit les archéologues à réaliser de nouvelles découvertes dans le quartier du Petit-Chasseur, haut lieu de la préhistoire européenne depuis la mise au jour dans les années 60 de plusieurs dolmens (tombeaux collectifs) et d’une trentaine de stèles anthropomorphes représentant des personnages, peut-être les chefs de clans des tribus locales.

Contrairement aux fouilles déjà réalisées dans ce secteur, ce nouveau gisement n’a pas livré de dolmen, mais un double alignement de stèles dressées, dont trois étaient gravées. La principale trouvaille matérielle de cette fouille est une magnifique stèle gravée de près de deux tonnes représentant un personnage masculin portant, au-dessus d’une ceinture stylisée, un vêtement aux dessins géomé- triques complexes et dont le visage est orné d’un motif rayonnant, évoquant le soleil. Parmi les six stèles découvertes sur ce chantier, on relèvera également la présence d’une dalle ornée de nombreuses cupules (petites dépressions circulaires), un élément inédit à ce jour en Valais, mais attesté sur le gisement de Saint-Martin-de-Corléans à Aoste, pendant italien de la nécropole dolménique du Petit-Chasseur.

Les observations de terrain ont permis de préciser qu’une partie de ces mégalithes étaient incomplets et avaient volontairement été brisés et déposés sur le sol. Les fragments manquants auraient-ils servi à construire les premiers dolmens mis au jour au Petit-Chasseur et dont les parois sont justement composées de stèles gravées retaillées? Les découvertes réalisées cet été laissent cette hypothèse ouverte. Ces fouilles permettent de rouvrir l’enquête du Petit-Chasseur débutée il y a cinquante-huit ans et augurent de nouveaux scénarios dont les retombées scientifiques pourront se révéler de première importance.

Ainsi, la surveillance systématique, le diagnostic, suivi le cas échéant de fouilles d’urgence précédant les nouvelles constructions, ont l’avantage de permettre de retracer les rites complexes de nos ancêtres. Dans le cas présent, ils permettront de surcroît d’ajouter un nouveau chapitre à la bande dessinée «Le soleil des morts» d’André Houot ainsi qu’aux recherches entamées depuis près de 60 ans au sujet du mégalithisme sédunois et du Petit-Chasseur.